Symbiose #18 - Tu n’as pas compris que l’IA avait changé
Hier, le prompt. Aujourd’hui, le système.
Bonjour !
J’ai longtemps cru que ce qui faisait la différence dans l’usage de l’IA, c’était le prompt. Je l’ai martelé dans toutes mes formations et d’ailleurs, je continue à le faire.
La capacité à formuler une demande claire, riche, bien cadrée. J’ai écrit toute une édition là-dessus (la 11, si tu veux la relire) et je maintiens chaque mot. Oui, le prompt reste important.
Mais le prompt n’est plus le sommet de la chaîne. Il en simplement est devenu la base.
Au-dessus, il y a autre chose. Quelque chose dont presque personne ne parle, parce que c’est invisible quand on regarde de l’extérieur. Ça s’appelle un système IA. C’est ça, aujourd’hui, qui sépare ceux qui utilisent l’IA de ceux qui travaillent vraiment avec.
Un système IA, c’est une IA qui fonctionne pour toi, ton activité, tes livrables, ta manière de penser et d’écrire. Une IA qui sait exactement qui tu es, ce que tu fais, ce que tu veux et même ce que tu ne veux pas. Avec cette IA, ton échange est fluide parce que la moitié (ou la totalité ?) du contexte est déjà là, posée, structurée, à disposition.
Avant de rentrer dans le détail, il y a une chose à savoir : il existe 2 manières de construire ton système.
La première, c’est de t’appuyer sur un outil unique qui contient tout le nécessaire. Aujourd’hui, pour moi, c’est Claude le mieux armé. Tu as tout dans une seule interface, tu n’as pas besoin de coder, tu peux commencer en quelques heures. C’est la voie accessible, et c’est par là que je te recommande de passer.
La seconde, c’est de construire ton système indépendamment de tout outil. Tu travailles dans un terminal, tu as la main sur tout, tu n’es plus dépendant de la roadmap d’Anthropic (enfin, un peu quand même) ou de qui que ce soit. C’est plus puissant, mais c’est réservé aux profils techniques, très avancés et qui veulent une véritable indépendance. Je ne te le conseille pas pour démarrer.
La bonne nouvelle, c’est que la voie 1 est exportable vers la voie 2. Le travail que tu fais aujourd’hui dans Claude ne sera pas perdu si tu décides un jour de migrer. Donc tu ne risques rien à commencer simple.
Dans cette édition, on va voir comment se construit un système IA avec Claude, en 4 étapes : le choix de l’outil principal, la mise en place du contexte, la création des outils réutilisables et enfin l’usage au quotidien.
#1 : Claude, le bon outil pour construire ton premier système
J’en parle depuis plusieurs éditions et tu connais déjà ma position. Mais je veux la poser clairement dans le cadre de cet article.
Aujourd’hui, si tu veux construire un système IA sans passer par le terminal, Claude est le meilleur choix. Pour moi, c’est l’outil qui réunit dans une seule interface toutes les briques dont tu as besoin.
Tu as les projets, qui sont des assistants IA et qui te permettent de cloisonner des contextes ou cas d’usage différents. Chacun avec ses propres instructions, ses propres fichiers, sa propre logique, sa propre mémoire.
Tu as la mémoire générale, qui te permet de garder des informations durables sur toi, accessibles partout. Tu as les skills, qui sont selon moi la vraie révolution de 2025. Une skill (certains disent “un”, mais bon, c’est une compétence en français), c’est une compétence activable que l’IA va déclencher seulement quand elle est pertinente.
Tu as Claude Cowork pour les livrables longs, structurés et surtout laisser travailler Claude en autonomie. Tu as Claude Code pour créer tout ce que tu veux sans savoir coder. Tu as enfin les connecteurs MCP pour brancher tes outils externes directement à ton IA, et les MCP sont plus simples à mettre en place sur Claude que sur ChatGPT.
Tout est dans la même interface. Tout communique entre les briques. Yu n’as pas besoin de jongler avec 10 abonnements différents pour faire fonctionner l’ensemble.
Sur ChatGPT, tu as une partie de ces briques, mais elles sont moins bien intégrées. Sur Mistral, tu as pas mal de choses mais c’est moins performant. Sur Gemini, c’est correct si tu vis dans Google Workspace, mais ça reste trop fermé.
Encore une fois, ce n’est pas une obligation. Si tu es à fond sur ChatGPT et que ça te va, garde ChatGPT. Mais aujourd’hui, le chemin le plus court vers un système IA fonctionnel passe par Claude.
Parce que j’ai oublié le plus important : Anthropic, la boîte derrière Claude, est vraiment tourné vers le B2B et les pros, au contraire des autres (à l’exception de Mistral, mais c’est plutôt pour les entreprises et les services publics).
L’outil étant choisi, le vrai travail commence.
#2 : Le contexte, l’étape qu’on ne peut pas sauter
J’ai déjà consacré l’édition 13 entière à cette question, et je t’invite à la relire si tu ne l’as pas fait. Je vais reprendre l’essentiel ici, parce que sans contexte, il n’y a pas de système IA. Il y a juste un outil mieux décoré.
Le contexte, c’est ce qui transforme une IA générique en une IA qui te connaît. Sans contexte, l’outil répond à une moyenne statistique, à un utilisateur imaginaire qui n’est pas toi. Avec un contexte bien posé, l’outil répond à toi.
Concrètement, qu’est-ce qu’on met dans ce contexte ?
D’abord, qui tu es. Ton activité, ton positionnement, tes valeurs, ta manière de travailler.
Si je prends mon exemple : je suis Français basé en Suisse, indépendant, formateur en IA, et ça change tout ce que mon IA me dit sur les sujets fiscaux par exemple (oui, j’aime bien l’interroger sur ça). Sans cette information, je devrais le réexpliquer à chaque conversation.
Chez moi, c’est la skill “mon-profil” qui contient une bonne partie de mon contexte statique.
Ensuite, il y a ce que tu fais. Tes livrables types, tes clients, tes projets en cours, les outils que tu utilises au quotidien. Plus l’IA sait précisément à quoi ressemble ton travail, plus elle peut t’aider sans que tu aies à tout recontextualiser. C’est le contexte que j’appelle évolutif.
Ensuite, tes contraintes. Ce que tu refuses. Les formulations que tu détestes, les outils que tu ne veux pas utiliser, les sujets que tu n’abordes pas. Chez moi, c’est par exemple toute la liste des marqueurs IA à éviter quand l’outil rédige pour moi, dans ma skill “no-ai”
Enfin, ton style, c’est probablement le plus long à construire. Des exemples concrets de contenus que tu as produits, des tournures qui te ressemblent, des transitions que tu aimes, le ton que tu veux garder. Plus tu donnes d’exemples, plus l’IA s’approche de ta voix.
Tout ça ne se construit pas en une soirée, mais par couches. D’abord un fichier de profil général, utilisé partout. Ensuite des contextes plus spécifiques par projet ou par cas d’usage. Et enfin des skills pour activer des compétences précises au bon moment.
L’erreur classique, c’est de tout balancer en vrac dans la mémoire de l’outil et d’espérer que ça suffise. Un contexte mal structuré, c’est un système qui fonctionne par à-coups, qui oublie des choses, qui te répond à côté la moitié du temps. Sans ce travail, tu peux acheter l’abonnement Claude Max à 200 dollars par mois, ça ne changera rien à la qualité de tes échanges.
Une fois le contexte posé, on peut construire les outils qui s’appuient dessus.
#3 : Les outils réutilisables, là où le système prend forme
Un système IA, c’est un ensemble d’outils réutilisables, construits une fois, et qui travaillent ensemble sur ton contexte.
Sur Claude, trois briques font le travail.
Les projets d’abord, qui sont des assistants IA. Tu en crées un par cas d’usage récurrent, et chaque projet a des instructions pérennes. J’ai par exemple un projet Elma (oui, ce sont que des prénoms scandinaves et vikings), ma stratégiste éditoriale Symbiose, avec un fichier qui contient mes 17 éditions précédentes, mes consignes éditoriales et mes contraintes de style. Elma m’aide à améliorer mes idées de contenu, voit si je radote ou pas, reprends mon brouillon pour que le style corresponde avec les éditions précédentes.
Les skills ensuite. Une skill, c’est une compétence activable. Tu en construis une pour éviter les patterns IA, une autre pour la correction orthographique stricte, une autre pour transformer des slides en mémo Word, etc. Chacune a ses propres instructions, ses propres règles, ses propres exemples. L’IA déclenche la bonne au bon moment, sans que tu aies à lui dire à chaque fois quoi appliquer.
J’ai par exemple une skill qui transforme mes slides de formation en mémo Word structuré pour les participants. Avant, je passais 20 minutes sur chaque mémo. Aujourd’hui, je dépose les slides, la skill se déclenche, et le mémo sort en 2 minutes. C’est ça, un outil réutilisable du système.
Il existe aussi une option plus avancée : les automatisations complexes. Tu peux brancher des scénarios n8n ou Make pour orchestrer plusieurs outils ensemble, déclencher des workflows automatiques, faire dialoguer ton CRM avec ton IA, etc. J’en ai construit deux pour Symbiose, je t’en ai parlé dans l’édition 15.
Mais je vais être honnête : c’est une étape ultérieure. Si tu commences par n8n avant d’avoir construit ton contexte et tes outils Claude, tu vas automatiser mal et tu vas tout refaire trois mois plus tard. Le bon ordre, c’est contexte d’abord, outils réutilisables dans Claude ensuite, automatisations externes seulement quand le reste tourne bien.
Enfin, il y a Claude Code qui te permet de créer des apps locales rien que pour toi. J’ai par exemple mon outil de facturation en local, ainsi que ma compta. Et c’est du tonnerre !
Maintenant que ton système existe, il reste à savoir comment l’utiliser.
#4 : L’utilisation au quotidien
Une fois le système en place, l’usage de l’IA change radicalement.
Tu n’as plus à réintroduire ton contexte à chaque conversation. Tu n’as plus à expliquer qui tu es, ce que tu fais, ce que tu attends. Tu n’as plus à coller des consignes en début de prompt pour cadrer la réponse. Tout ça vit en arrière-plan, en permanence.
Tes prompts deviennent courts. Deux ou trois lignes peuvent parfois suffire pour obtenir une réponse alignée avec ce que tu attends, parce que l’IA dispose déjà de tout ce dont elle a besoin pour comprendre la demande. Les livrables sortent à un niveau de qualité que tu n’aurais jamais obtenu avec un prompt classique, même très bien construit.
Tu retrouves aussi du temps mental. Ce n’est pas anodin. Le travail de cadrage, de recontextualisation, de relecture pour corriger les erreurs basiques, c’est ce qui te fatigue le plus quand tu travailles avec l’IA. Avec un système bien en place, ce travail disparaît, et tu peux te concentrer sur la réflexion, la décision, la créativité. Les choses qui te demandent vraiment d’être présent.
Un point qui me tient à cœur, et que je veux poser clairement : un système IA bien construit doit te rendre plus libre, mais SURTOUT pas plus dépendant.e. Parce que c’est toi qui poses les règles. C’est toi qui choisis ce que tu lui confies et ce que tu gardes. C’est toi qui valides à chaque étape. L’IA travaille dans le cadre que tu as fixé, pas dans un cadre que quelqu’un d’autre a fixé à ta place.
C’est exactement ce que je veux te montrer en live.
Le 2 juin prochain à 12h, je donne une masterclass gratuite d’une heure dans laquelle je présente une partie de mon propre système IA. Tu vas voir concrètement à quoi ça ressemble au quotidien, comment les briques s’articulent entre elles, et ce que ça change quand tout est bien en place.
Je te montrerai en vrai comment construire un assistant IA performant, sans rien cacher.
Si tu veux y assister, tout est ici.
À très vite,
Benjamin


Très complet ! ☺️