Symbiose #25 - Tu ne dois jamais devenir dépendant.e avec l'IA !
Indice : la dépendance
Bonjour !
Ces dernières semaines, j’ai souvent lu une chose qui m’a frappé. Certains de mes clients m’ont dit la même chose et ça m’a interpellé.
“Je n’arrive pas à passer à Claude / ChatGPT”
“J’étais habitué.e à Claude / ChatGPT”
C’est souvent dans le sens ChatGPT vers Claude, mais là n’est pas le sujet.
Le sujet majeur, c’est que ces personnes ne se rendent pas compte qu’elles sont devenues dépendantes d’un outil. D’ailleurs, cela va largement au-delà de l’IA :
Microsoft,
Netflix,
Google,
Uber,
Nespresso,
Etc.
Plein de marques et d’outils qui sont devenus des évidences pour certains d’entre vous. Sans même penser, par exemple, qu’un Uber a des concurrents.
Si l’on revient à l’IA, le problème est bien plus important, car on part sur une méconnaissance de ce qu’on apprend quand on l’utilise.
#1 - Le problème de l’outil surpuissant face à l’usage
On le sait aujourd’hui, l’IA rend dépendant beaucoup de monde et ça inclut tout type de personnes. D’abord, les personnes à qui je ne m’adresse pas forcément, celles qui l’utilisent pour se confier, qui l’utilisent comme une psy ou pour se rassurer sur une décision. On en vient même à regretter le ton plus “dur” d’un nouveau modèle, alors que le précédent était “affectueux”.
Je ne m’adresse pas à ces personnes-là, car j’estime que cet usage-là de l’IA est extrêmement dangereux et l’on va bien au-delà de la simple dépendance. Cela ne relève pas de ma ligne éditoriale et de mon activité. Cette dépendance peut en effet devenir pathologique et il faut s’adresser aux bonnes personnes.
La seconde catégorie a un point commun avec les personnes qui utilisent l’IA comme un psy : elles sont aussi dépendantes de ChatGPT, car ça reste l’outil phare, le premier qui vient en tête quand on parle d’IA.
Cette dépendance, qui concerne donc des pros pour des usages pros, n’arrivent pas à passer de ChatGPT à Claude. Elles ne retrouvent pas leurs habitudes. Par exemple, elles n’arrivent pas à prendre en main un projet dans Claude, alors que le projet dans ChatGPT est très bien géré.
Ici, on est face à de possibles techniques marketing pour faire qu’une personne n’arrive plus à sortir d’un outil en raison de couleurs, de placement de boutons ou de fenêtre d’écriture. Car tout le monde qui prend du recul sait, par exemple, qu’un projet dans ChatGPT et un projet dans Claude sont identiques à 95 %.
#2 - L’incompréhension majeure du pourquoi on utilise l’IA
Si vous avez été jusque-là dans la lecture, vous vous demandez peut-être où se trouve le problème. Est-ce simplement le placement des boutons du ChatGPT ? Ou est-ce plus profond ? Vous avez deviné : on part de bien plus bas.
Quand on utilise l’IA, nous avons des choix de départ à faire. Tout part de mon concept d’IA intentionnelle et de ces 4 questions préalables :
Pourquoi utiliser l’IA ?
Pour quelles tâches et pourquoi ?
Pour quelles tâches je ne l’utilise pas et pourquoi ?
Quel(s) outil(s) pour les tâches de la question 2 ?
La dernière question implique, non pas le choix d’un outil pour son placement des boutons, mais pour son rapport coût / bénéfices / usages. Aujourd’hui, pour l’immense majorité des pros, j’estime que cet outil s’appelle Claude.
Dès lors, ce que j’apprends à mes clients, ce n’est JAMAIS d’apprendre à utiliser Claude ! Sinon, ce serait tomber dans le même problème : une dépendance à Claude. L’objectif est de se construire un système IA maison composé de plusieurs éléments interdépendants les uns avec les autres.
On y trouve pêle-mêle des instructions personnalisées, une mémoire personnalisable, des skills pertinentes, des projets pour des cas d’usage particuliers, des outils connectés via MCP, etc. Tout ça, c’est un système IA, avec principalement des fichiers en Markdown (.md).
Quand on utilise l’IA dans l’optique de créer un système, on construit un sparring partner, une collaboratrice, quelque chose qui nous connaît et qui sait comment on travaille. On est alors TRÈS loin d’apprendre à utiliser Claude ou ChatGPT, mais de celui d’apprendre à créer un système qui nous ressemble. Ça change tout.
#3 - Les solutions pour éviter cette dépendance
La première solution, c’est de prendre Claude ou ChatGPT pour ce qu’il est, à savoir une simple interface entre toi et des modèles d’intelligence artificielle. Cette interface doit simplement nous aider à créer, interagir et communiquer avec notre système IA. C’est vraiment la première étape, celle qui change tout.
L’outil devient alors secondaire et, surtout, notre système n’en est pas dépendant. Pour éviter cette dépendance, la deuxième solution est d’une simplicité absolue : il suffit de créer une sauvegarde de votre système.
Voici le mien :
Oui, c’est juste ça sur mon Google Drive. J’ai créé ce dossier qui est une simple sauvegarde de mon système, avec tous les éléments importants. Pour l’instant, il est alimenté manuellement et vous avez compris que ça demande du temps. Il faut par exemple télécharger la skill et la mettre dans le sous-dossier skills. Je vais corriger ça.
Ce qui est sûr, c’est que ça me permet de créer des fichiers et dossiers que je peux donner à ChatGPT ou n’importe quel autre outil. Ce sont aussi des fichiers que je pourrais mettre dans mon système IA interne si je souhaite un jour passer sur de l’open source et un hébergement sur un VPS.
Cela me permet de n’avoir aucune dépendance à Claude, ChatGPT et n’importe quel autre outil qui viendrait demain.
Le bon usage de l’IA n’a jamais été de savoir maîtriser Claude, mais celui de se créer un système. C’est ce que j’apprends à mes clients à chaque formation, coaching et accompagnement que j’ai avec eux.
À très vite,
Benjamin



Quand tu souhaiteras sauter le pas vers l'open source et le self-hosted, je peux te partager ce que j'ai déjà mis en place si ça te dit
La distinction entre apprendre un outil et apprendre depuis un outil,c'est exactement là que tout bascule pour moi.
J'ai construit mes premières instructions bien avant de savoir que ça s'appelait un système. Des fichiers de contexte, des règles éditoriales, ma voix mise en mots. Pas pour Claude, pour moi. Pour ne plus avoir à ré-expliquer qui j'étais à chaque session.
Et c'est là que ton idée d'interface me parle. De mon côté, je parle d'écosystéme : un espace qui me ressemble, portable, pas prisonnier d'un outil. Le tout sauvegardé dans Notion, comme pour toi dans Google Drive.
Simple, évident, et pourtant personne ne le fait. Merci de le montrer aussi directement.