Symbiose #5 - Comment l'IA est un danger pour notre cerveau
Seul un usage de l'IA intentionnel et conscient te permettra de devenir une meilleure personne
Bonjour !
Aujourd’hui est la 5e édition de Symbiose.
La semaine dernière, j’ai eu +72 % de taux d’ouverture, ce qui est fantastique pour une newsletter ! Déjà, merci, vraiment. Ensuite, je crois avoir trouvé une certaine fréquence, qui me semble nécessaire. Tu peux donc déjà cocher le dimanche à 10h comme le moment où Symbiose va débarquer dans ta boîte mail chaque semaine.
Il y a quelques semaines, j’ai regardé une vidéo de Micode sur “La Fabrique à Idiots”.
Si jamais tu n’as pas envie, je te la résume rapidement : Micode pointe le risque d’une “atrophie” de notre cerveau à cause de notre usage de l’IA. Dit autrement, une réduction de nos capacités intellectuelles, notamment causée par un usage de l’IA qui rend cette dernière maîtresse de nos décisions.
On ne décide plus. On ne crée plus. On laisse l’IA le faire à notre place. Dans la vidéo, Micode évoque 3 parties de notre cerveau, et 2 d’entre elles ne seraient plus ou très peu utilisées à l’avenir à cause de ça.
Aussi, Micode pointe à juste titre que c’est pas la première fois qu’une technologie pose ce problème, avec l’exemple du GPS. Aujourd’hui, beaucoup de personnes ont perdu leur sens de l’orientation, car elles ont tout délégué au GPS. Avec l’IA générative, cela pourrait être la même chose, mais avec des conséquences bien plus graves.
#1 : Le risque d’hyperdépendance à l’IA
Quand je discute d’IA avec des personnes, qu’elles soient clientes, famille, amis ou connaissances, de plus en plus me disent que leur nouveau moteur de recherche s’appelle ChatGPT. Et quand elles utilisent Google, le mode IA suffit désormais, et on clique sur les liens fournis par ledit mode.
Aujourd’hui, 60 % des recherches sur Google se contentent du mode IA et ne regardent même plus les résultats de la page 1. En faisant cela, l’utilisateur veut que l’IA lui donne une réponse, pas une liste de liens qui demandent un effort intellectuel.
Je pense que tu as compris où je vais en venir : on délègue à l’IA la réponse, car c’est elle qui, en gros, clique à notre place. Sur le papier, c’est bien, ça nous évite de chercher. Mais, en réalité, c’est assez mauvais, car nous n’avons plus le loisir de décider, même si le prompt de départ est essentiel pour obtenir la réponse adéquate pour soi.
L’exemple de la recherche sur internet peut être étendu à plein d’autres usages, qui sont intellectuellement bien plus lourds : analyse de longs documents pour ressortir une information, synthèse dudit document, rédaction complète, comparaisons d’informations, etc. Bref, on laisse l’IA raisonner à notre place.
Le risque majeur est donc de devenir très dépendant de l’IA, de s’en servir pour presque tout, pro comme perso. Mais jusque-là, on ne parle pas encore de baisse des capacités intellectuelles. Non, elles viennent après, quand la délégation s’étend à la prise de décisions importantes.
#2 : Laisser l’IA décider de notre vie
Il y a les choses gentilles, comme les posts Linkedin. Combien as-tu vu de posts Linkedin mal écrits par l’IA, qui se voient au premier coup d’oeil, avec des émojis dégueux et des hashtags qui servent à rien ? Tous les jours, je pense.
L’auteur du post n’est plus l’humain, c’est l’IA. L’humain n’a même pas relu ou à peine, il a laissé l’IA tout faire à sa place. Plus il laissera l’IA faire à sa place des posts Linkedin, moins l’humain en question saura faire des posts Linkedin. Jusqu’au jour où il ne saura plus le faire.
Maintenant, on ne parle plus de posts Linkedin, mais de rapports complets, de synthèses complètes, d’itinéraires de voyage, de résumés de livre, de séances de sport, de conseils nutritionnels. Bref, toute notre vie. On délègue tout à l’IA, sans y réfléchir une seconde, car l’on se dit que l’IA a raison.
Ici, on a bien entendu le risque de dépendance décrit plus haut. Mais c’est là que le risque d’atrophie du cerveau est présent. Comme on ne l’utilise plus pour réfléchir ou apprendre, ces parties du cerveau se réduisent, ce qui nous rendrait plus idiots, complètement à la merci d’une machine.
Ce monde existe déjà chez certaines personnes, notamment les plus jeunes, qui étaient déjà atrophiés par TikTok (un algorithme... d’IA). Ici, l’usage de l’IA est complètement subi, sans prise de recul, sans réflexion sur son destin.
À travers Symbiose, c’est tout ce que je veux pas que tu fasses. Parce oui, l’IA peut aussi augmenter tes capacités intellectuelles. Et seule ta volonté de le faire te le permettra.
#3 : L’IA peut te rendre plus intelligent(e)
Tu as un exemple en lisant cette newsletter : je l’écris entièrement à la main, sans aucune aide de l’IA. Ensuite, je la fais relire à l’IA pour enlever les fautes de frappe ou oublis de mots (c’est ma spécialité), ainsi que les éventuelles fautes d’orthographe ou de grammaire. Pour mes posts Linkedin, c’est la même chose, et très souvent, je les fais même plus relire à l’IA.
Cet usage de l’IA, je l’ai choisi. Il est intentionnel, conscient, et me permet de conserver ma capacité à rédiger, que j’ai toujours eue, mais que j’avais tendance à déléguer la majeure partie à l’IA ces derniers temps.
Dans la vidéo, Micode parle d’IA comme d’une sparing-partner ou un prof particulier. L’IA doit être là pour t’aider à apprendre, pas apprendre à ta place. Elle doit être là pour t’aider à rédiger une note, pas la rédiger à ta place. Elle doit être là pour t’aider à préparer un itinéraire de voyage, pas le préparer à ta place.
La majeure partie de ce travail se passe avec la compréhension du prompting complexe, de savoir parler à l’IA, savoir l’appréhender pour éviter cette prise de décisions subie.
Mon usage de l’IA m’a aujourd’hui permis d’être meilleur sur plein de sujets, d’avoir des éléments de compréhension que je n’avais pas auparavant, comme sur certains langages de programmation. Je pense très sérieusement qu’elle me rend plus intelligent.
Mais c’est parce que j’ai décidé de l’utiliser d’une certaine façon.
Ton objectif, c’est désormais d’avoir le même usage : intentionnel et conscient.

